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Le diagramme de Gantt

Le diagramme de Gantt en bref

Exemple de diagramme de GanttSi vous n’avez que quinze secondes à consacrer à cet article, voyez cette image : il s’agit d’un diagramme de Gantt. Rudimentaire certes, mais il a tous les attributs du Gantt : La colonne de gauche contient une liste de travaux. En haut et de la gauche vers la droite figure l’échelle de temps. Au centre de l’image des barres (ici des flèches) figurent la période sur laquelle chaque tâche va être exécutée.
C’est simplissime, mais c’est ainsi ou à peu près que nos prédécesseurs ont organisé la production des ateliers et planifié leurs projets. Ceci pendant plus de cinquante ans. Justement, parlons un peu d’histoire…

L’histoire du diagramme de Gantt.

Henry GanttSi, depuis le début de cet article, j’ai systématiquement mis une majuscule au mot Gantt, ce n’est ni par erreur ni par fantaisie mais simplement en hommage à Henry Laurence Gantt, créateur du diagramme qui porte désormais son nom. Créateur ou usurpateur ? Les spécialistes attribuent la paternité de l’outil au polonais Karol Adamiecki, qui l’aurait utilisé dès 1896. Il n’en reste pas moins que c’est Henry Gantt, ingénieur américain collaborateur de Frederick Winslow Taylor, qui a publié la description du diagramme en 1910.
En 1910 l’informatique n’existait pas. Le diagramme de Gantt était classiquement dessiné sur une feuille de papier affichée sur un mur. Très visuel mais un peu trop statique (il ne vous a pas échappé que les choses se passent rarement comme prévu). D’ingénieux ingénieurs ont voulu rendre la planification plus dynamique (on dirait aujourd’hui plus interactive). Dans les années 1970 on disposait dans les usines de panneaux muraux de plusieurs mètres de long, équipés d’autant de glissières horizontales que de tâches à planifier. Dans chaque glissière, une bande de carton colorée figurait la position de la tâche. Songez même que l’on suivait l’avancement en tendant verticalement des fils de laine, que l’on déviait vers la droite ou vers la gauche pour pointer, à une date donnée, les tâche en avance et celles en retard. Ringard ? Pas tant que cela puisque les logiciels d’aujourd’hui reproduisent exactement ce dispositif avec des fils de laine… virtuels ! Ces tracés sont appelés “lignes isochrones”.

Exemple de diagramme de GanttVoici ci-dessus un diagramme de Gantt tel que chacun d’entre nous peut en réaliser à l’aide d’un logiciel de planification (ici Microsoft Project). Quels bénéfices nous apporte l’informatique ? Ils sont immenses, qu’il s’agisse d’automatiser les mises à jour ou le reporting, de synchroniser plusieurs plannings, de calculer la charge de travail ou les coûts, en la liste ne s’arrête pas là.

Les variantes du Gantt.

Classiquement, c’est la liste des tâches qui figure dans la colonne de gauche du diagramme. Dans certains cas il est plus judicieux d’y mettre la liste des ressources. Dans ce cas, sur la ligne correspondant à une ressource figureront plusieurs barres et non plus une seule, correspondant aux tâches affectées à cette ressource, dans l’ordre et aux périodes où elles doivent être exécutées. Un tel diagramme peut être appelé Gantt-ressources. Notons que depuis la version 2010 Microsoft Project professional offre un affichage Gantt-ressources, nommé “planificateur d’équipes”. Ce type de planning est parfaitement adapté aux situations ou l’on doit distribuer à une équipe de techniciens polyvalents des travaux de courte durée et indépendants les uns des autres. C’est notamment le cas pour les travaux de dépannage ou de maintenance.
Laissons les tâches dans la colonne de gauche du Gantt, et voyons deux autres variantes. Le Gantt-fléché fait apparaître les flèches correspondant aux liens de dépendance entre les tâches. Dans le Gantt-suivi (ou suivi-Gantt) les barres sont dédoublées. A chaque tâche correspond donc deux barres : l’une figure la position de référence, telle que prévu donc. L’autre barre correspond à la position réelle de la tâche.

Quelques logiciels de planification.

Le plus répandu est probablement Microsoft Project, très complet, paramétrable presque à l’infini. Evitez simplement de l’utiliser sans une bonne formation. Parmi les gratuits, on peut en citer trois : Le plus connu est GanttProject. ProjetLibre (anciennement OpenProj) est un clone de Microsoft Project, du moins au plan de l’apparence visuelle. Enfin Open Workbench, plus austère mais plus performant que les deux autres, et supérieur à Project pour la gestion des ressources. Pour une information beaucoup plus complète, consultez la page Choisir son logiciel de gestion de projets de ce site.

Cet article comporte 2 commentaires
  1. Bonjour,

    Merci pour cet article clair et bien écrit. On voit très bien l’évolution du Gantt au cours des décennies, depuis les bandes de carton jusqu’à la dernière version de MS Project.

    En prolongement de votre article, je pose la question de l’intérêt d’une technique inventée pour optimiser le travail à la chaîne pour gérer des projets modernes, notamment informatiques. Je vous invite à lire un post écrit à ce sujet: http://blog.timeperformance.com/quand-utiliser-le-diagramme-de-gantt/

    1. Bonjour Renaud
      Je viens de lire votre article. Je suis tout à fait d’accord avec votre point de vue qui donne un éclairage complémentaire. Le Gantt n’est effectivement pas le bon outil pour tous les projets. S’il garde toute sa place pour les projets qui comportent peu d’incertitudes et demandent une grande précision de coordination (notamment industrie et construction) il est inadapté pour les projets que l’on construit en avançant (la plupart des projets de systèmes d’information et tout les projets d’innovation dans la phase amont).

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